Dossier Particulier : Kai Zer Kanzore NKVD
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Je m'appelle Camille Frieds, quoique je ne suis plus sûr de ce que cela signifie vraiment. Je suis née à Paris en 1972, j'ai intégré en 1994 les laboratoires de la Fondation après une scolarité jugée supérieure à la moyenne. J'ai commencé à travailler sur l'étude approfondie de la mémétique au sein du secteur N19 du Site-Aleph.

Jugez-vous, docteur, ma présentation suffisante ? Bien, dans ce cas, continuons.

Tout a commencé en 1999, le 13 juillet pour être précise, lors d'une nuit orageuse en Allemagne. Il paraît que deux enfants sont partis jouer dans un champ non loin de leur résidence. Allez savoir précisément ce qui s'est passé, ni vous ni moi n'étions là à ce moment. Selon les rapports dont nous disposons, un éclair aurait frappé le champ et ce qui ressemble à un météore serait apparu à l'endroit où la foudre est tombée.

Ce qui est étrange — quoi qu'ici on commence à s'y faire — c'est que l'aérolithe ne se serait pas écrasé, en fait il serait plutôt apparu comme s'il avait toujours été là sans que personne ne le remarque jamais.

La première hypothèse, celle d'un objet mémétique, fut rapidement écartée car un autre fait vint s'ajouter à l'enquête qui, initialement, ne concernait que la police. En fait, ce fait supplémentaire était la raison même de cette enquête.

Quant aux deux enfants, eh bien, après ça, personne n'entendit plus jamais parler d'eux.

La Fondation commença à s'intéresser à l'enquête quand un agent de la Landespolizei eut la brillante idée de toucher le météore.

Vous savez quoi ? Je pense qu'on ne fait pas assez attention aux pertes humaines dans notre travail, on parle d'unités au lieu d'humains pour se rassurer, mais il n'empêche que chaque "unité" de plus sur le compteur de morts, c'est une famille de plus sans père ou mère, l'enfant de parents qui ne leur parlera plus jamais, le père d'enfants qui ne les reverra jamais.

Il paraît que la dernière chose que Mikael Heistmann a dit à sa famille est "À ce soir, les enfants !". Ce fut la dernière fois qu'il prononça quoi que ce soit devant quiconque.

Disparu.

Il avait tout simplement disparu. Et croyez-moi, un objet qui fait disparaître tout ceux qui osent le toucher, ça n'est pas crédible, même d'un point de vue purement scientifique, où va la matière, l'énergie, tout ce qui compose le corps de ladite personne ?

C'est ainsi qu'un agent infiltré émit rapidement l'hypothèse que ce météore - qui n'en était décidément plus un - ne faisait pas rien de ses victimes. Allez savoir, peut être se rechargeait-il, comme une batterie. En tout cas, il était clair qu'il faisait quelque chose avec ces gens qu'il effaçait de la réalité.

Les autres agents n'eurent pas même le temps de se rendre compte que quelqu'un manquait à l'appel que soudain, le signal final fut lancé au moment où ladite "météorite" se mit à briller.

Les forces policières alors présentes pensèrent immédiatement — formatées par ce qu'on leur avait appris et par leur expérience — qu'il s'agissait d'un engin explosif hautement sophistiqué et déguisé en roche céleste.
Après quoi, ils s'éloignèrent tous et la lumière cessa, comme si le météore n'avait pas pu finir ce qu'il était en train de faire — tant mieux, il ne fallait jamais laisser faire l'ennemi.

Oui, ce météore était un ennemi, il avait pris la vie de deux enfants et d'un agent de police, et il était de toute façon dangereux.

Dans tous les cas, la Fondation, notre Fondation, prit alors le relais.

C'était ma dix-neuvième mission sur le terrain, on avait reçu un briefing peu complet de la situation, mais surtout, on nous avait donné des armes.

Je sais que ça peut paraître banal, mais je suis une scientifique, c'était la première fois qu'on me donnait une arme en situation réelle. Il fallait voir comment on me la tendait, avec une telle banalité, comme si c'était un simple stylo.

Bref, cela ne signifiait qu'une chose : l'endroit où on allait était dangereux, d'une manière ou d'une autre.

Alors, on est arrivé sur le lieu, le champ de maïs était haut et on ne voyait pas grand chose, mais pensez bien que si ces types avaient été là avant nous, on l'aurait su.

En s'approchant du soi-disant météore, ce dernier nous fit le même manège qu'aux flics, la lumière, les flashs, le son, comme un micro-onde.

Et c'est là qu'ils apparurent.

Tout d'abord, on entendit des voix, des pas, des bruits d'armes, ils étaient armés, pas grave, on l'était aussi. Enfin, jusqu'à ce qu'ils nous prennent en tenaille et nous désarment en un rien de temps.

Le plus étrange, c'est que j'aurais juré avoir vu, la tête collée au sol, les même bottes que les membres des FIM de la Fondation.

Encore une fois, en un rien de temps, ils nous emportèrent dans un endroit inconnu, une sorte de prison. Il m'interrogèrent sur ce qu'on était supposés savoir, alors qu'apparemment, on en savait pas plus qu'eux. Autre coïncidence étrange, ils utilisaient les même protocoles d'interrogatoire que nous, c'est alors que j'eus un déclic.

"Vous êtes l'Insurrection du Chaos".

Ces mots que j'avais prononcé firent effet rapidement : mon geôlier me regarda, l'air perplexe, l'arme à la main, prêt à me mettre en joue et à tirer sans hésiter.

Pourtant, c'était évident : en se séparant de la Fondation, l'Insurrection du Chaos lui avait volé du matériel avant de le répliquer en quantité industrielle, les bottes, les protocoles, les manières, la prison, c'est ce qu'on nous avait appris… tout collait, il n'y avait plus aucun doute possible.

Alors, j'allais appliquer les protocoles : me taire, ne dire aucun mot, rien du tout, pas une information qui pourrait les aider, quitte à troquer ma vie contre mon silence.

Mais j'avais beau faire de mon mieux, je dois avouer que les questions qu'ils posaient étaient de plus en plus étranges. Mon instinct me disait que c'était pour me déstabiliser, mais quelque chose ne tournait pas rond. Malgré tous mes efforts, impossible de déterminer précisément ce qui n'allait pas, c'était pourtant là, sous mes yeux.

Alors je réfléchis. Des heures, des jours, peut-être plus, impossible de se repérer temporellement dans cette cellule.

Je devais réfléchir, mieux, plus vite, je n'étais pas assez intelligente, mais c'était quoi, bordel, c'était quoi ? Qu'est ce qui n'allait pas ?

Rien n'allait, j'étais perdue, déstabilisée, et ces foutues questions qu'ils me posaient, ils nous demandaient : "Qui êtes-vous ?". C'est évident, non ? Nous sommes la Fondation SCP, nous assurons la sécurité planétaire.

La vraie question c'était "Qui sont-ils, eux ?", et c'est une question à laquelle j'avais déjà répondu.

C'était le 3 août 1999. Hier, en somme.

Un scientifique est entré dans ma cellule et m'a dit, mot pour mot, ceci :

"Le météore que vous avez appréhendé vient de recevoir la classification SCP, connaissez-vous ses effets ?"

Comment le saurais-je ? Hein, comment ? Je n'en sais pas plus qu'eux, pas plus que vous.

Finalement, connaître tout ça ne va pas vous servir à grand chose, pas vrai ? Comme je l'ai dit, je ne suis pas plus au courant que vous, docteur.

Bref, à ce moment, le doute concernant l'Insurrection du Chaos n'était plus permis.

Je sais qui vous êtes, ce que vous faites.
Et voilà, c'est tout ce que je sais.

Maintenant, vous allez me tuer, je suppose, je ne suis pas dupe.

Bien, allons-y, mais n'oubliez jamais une chose.

Nous sécurisons, nous contenons, nous protégeons.

Rapport d'incident : SCP-███-FR, 1999, document ████-ST-N-13

Le ██/██/1999, un objet d'origine inconnue est apparu dans la campagne de ██████ à █████ en Allemagne, près de la ville de ██████. Il semble que cet objet ait pris la forme d'un météore (voir le document S-TS-1999 pour plus d'informations).
Après que les forces d'interventions spéciales sont arrivées sur place, des personnes armées se sont manifestées près de l'objet (voir l'annexe KS-12-13).

Le ██/██/1999, après capture et interrogatoire, les personnes semblent en tout point correspondre à la description de personnes déjà existantes au sein de la Fondation. Lesdites personnes prétendent faire partie de la Fondation et avoir été envoyées pour étudier l'objet.
Elles ne semblent pas avoir connaissance des faits.

Le ██/██/1999, lesdites personnes sont désormais appelés SCP-███-FR-A-1 à SCP-███-FR-A-18 suite à l'identification claire et précise des effets de SCP-███-FR par le Dr Camille Frieds (il est à noter que le Dr Frieds est particulièrement concernée par SCP-███-FR-A car elle est assimilée à SCP-███-FR-A-11).

Le ██/██/1999, les effets de SCP-███-FR sont connus : l'objet est conscient, et dans un objectif de défense lorsque ce qu'il considère comme un "prédateur" approche, crée une copie conforme dudit prédateur en face de ce dernier pour le distraire.
Il a été jugé par le conseil d'éthique que les copies n'étaient pas conscientes.

Le ██/██/1999, fin des interrogatoires, élimination des sujets SCP-███-FR-A-1 à SCP-███-FR-A-18.

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