Jason Fox

Skips, traductions de skips et autres

notation: 0+x

Objet # : SCP-XXX-FR

Niveau de menace : Orange

Classe : Sûr

Procédures de Confinement Spéciales : SCP-XXX-FR est actuellement confiné au site Aleph.
SCP-XXX-FR doit être confiné dans une cellule pour humanoïde standard de six (6) mètres sur quatre (4) mètres. La cellule doit être équipée de sanitaires spéciaux aménagés pour le sujet.
Un conduit de ventilation doit être installé, hors de portée de SCP-XXX-FR, pour prévenir les risques d'asphyxie, si la porte de sa cellule venait à être affectée accidentellement. La surface du sol de la cellule doit être capitonnée pour permettre à l'entité de dormir convenablement.

SCP-XXX-FR, doit être nourri par un membre du personnel ayant reçu des instructions précises concernant le mode de fonctionnement de l'anomalie affectant SCP-XXX-FR. La nourriture doit être versée directement dans sa bouche, sans qu'il n'y ait de contact entre l'objet ayant servi à nourrir le sujet et SCP-XXX-FR.
Lorsque l'entité doit effectuer un test, un membre du personnel armé doit l'escorter jusqu'à la salle de test, tout en maintenant une distance de sécurité d'au moins deux (2) mètres.

Une autorisation doit être demandée au Dr. Falcovert pour toute interaction ou discussion avec SCP-XXX-FR.

Description : SCP-XXX-FR est un humanoïde mâle de type caucasien, âgé de 26 ans, originaire du Nord de la France et mesurant 1,76 m pour 62 kg. Il a les cheveux bruns et les yeux marrons. Le sujet possède un casier judiciaire et de nombreuses plaintes avaient été émises contre lui, notamment pour dégradation de biens publics. Le sujet a adopté un comportement méfiant à l'égard de la Fondation, mais fut forcé de coopérer en raison de sa dépendance vis à vis de cette dernière.

Son anomalie réside dans sa capacité à changer les objets avec lesquels il rentre en contact direct, ou par le biais des vêtements qu'il portait lors de l'incident qui a provoqué son anomalie, en peintures murales. Ces peintures représentent une version anamorphique de l'objet touché par le sujet, dont le point de vue nécessaire à la vision normale de l'objet se situe à l'endroit exact où se situait
SCP-XXX-FR lors du contact. Des tests récents montrent qu'il ne peut affecter que les objets dont le poid ne dépasse pas les 90 kg, ou dont la taille est inférieure à 5 m3. Les tests effectués montrent également qu'il semble y avoir une limite à la taille de l'anamorphose obtenue par la transmutation. La limite fut définie comme un cercle d'environ 8 m2.

SCP-XXX-FR fut retrouvé enfermé dans sa voiture, devant son domicile, aux environs de [DONNÉES SUPPRIMÉES]. Le volant de sa voiture ainsi que les poignées des portières étaient transformés en anamorphoses. Lorsque l'intérieur du logis de SCP-XXX-FR fut fouillé par la Fondation, elle fit la découverte d'une pièce dont l'entrée était grossièrement dissimulée derrière une armoire. La pièce en question est recouverte de peintures murales, la plupart possédant des propriétés anormales insignifiantes. Toutes ou presque étaient accompagnées des initiales AWCY. La complicité de SCP-XXX-FR avec le groupe d'intérêt "Et Maintenant On Est Cool" a été démentie par le sujet, celui ci cherchant probablement à protéger l'un de ses contacts.

Contes et traductions de contes

- À trois ! Un, deux…TROIS !

Les soldats empoignèrent les barreaux de la cage et la hissèrent à l'arrière de la remorque. La créature, abrutie par les sédatifs, grogna faiblement, avant de se retourner vers l'avant du camion, pour protéger ses yeux du soleil. À côté d'elle se trouvaient 11 autres cages, qui contenaient des êtres similaires à la peau écailleuse, de couleur jaunâtre. Des ombres et des cliquètements passèrent au dessus de sa cage, avant de que des bandes floues ne l'enserrent fermement. Elle sombra dans le sommeil.


Sam se laissa glisser le long de la portière, à l'ombre. Ils venaient de capturer la dernière des bestioles ayant fui dans cette réserve. Ça leur avait pris deux mois, durant lesquels ils avaient du les traquer une par une, sous un soleil de plomb, sans moyen de communication, étant donné que ces saloperies détectent l'électricité à 10 km.
Elles étaient confinées dans le site le plus proche, qui ne valait pas une seule des cellules d'Aleph, jusque à ce que leur concierge ait la bonne idée d'ouvrir son cadeau d'anniversaire au boulot. Une montre à quartz. Les "pauvres bêtes" se sont excitées, et boum ! Brèche de confinement, une douzaine de lézards humanoïdes dans la nature. Si tout se passait bien, elle seraient transférées vers Aleph ou Beth, et ils pourraient rentrer chez eux.
Le soldat à sa gauche étendit le bras pour lui donner une petite flasque rouillée.

- Whisky ?

- Ouais, merci…

Il renversa la tête en arrière et laissa couler le liquide ambré jusqu'au fond de sa gorge, puis il passa la flasque à son voisin de droite.

- Regardez ce que Saint Nikola Tesla vous apporte !

Tous se tournèrent vers leur officier qui tenait à la main un sac hermétique. Il en sortit un paquet en aluminium et entreprit de le déballer. Son contenu tomba par terre : quelques portables de différentes sortes, une petite radio, une cigarette électronique, une lampe dynamo et des montres-bracelets.

- L'électricité !

Le groupe tituba jusqu'au tas d'appareils divers. Nathan, le plus jeune, se rua sur la cigarette et la porta à sa bouche.

- Si t'avais besoin d'en griller une, pas besoin d'attendre qu'on ait fini de s'occuper de ces saloperies, dit Sam en pointant du menton les créatures sédatées qui s'agitaient dans leur sommeil.

- Merci, mais je tiens à mes poumons.

Sam haussa les épaules et ramassa son téléphone. Il s'éloigna pour chercher du réseau, avant d'appeler sa femme.


- Allô ?

- Salut Manon !

- Sam ! T'as enfin terminé ta mission ?

- Oh que oui ! Je t'assure que ces putains de trucs vont plus s'enfuir avant longtemps ! Ça va
chez vous à part ça ? vous profitez du soleil d'hiver, pendant que nous on patauge dans la plus grande réserve de l'Afrique du Sud ?

- Hé ! C'est pas moi qui t'ai forcé à t'engager dans une FIM !

- Sérieusement, le travail ça va ? Comment va mon raton de laboratoire ?

- Elle dort. Et sinon c'est plutôt tranquille. La pile de document sur mon bureau n'a jamais été aussi petite, Je peux presque voir le mur en face. Tu savais qu'ils avaient changé le papier-peint pour mettre du gris ?

- Oui, depuis un an environ. En tout cas, prépare toi, une nouvelle fournée de lézards-mens jaunes va bientôt débarquer. Ça devrait renouveler un peu le stock d'avion en papier de Emma.

- Oh, à propos, tu connais pas sa dernière ? Hier soir…


- À demain !

- See ya soon !
Sam referma le téléphone et le rangea dans la poche de son gilet. Certains étaient encore en train de saluer leurs proches, d'autres en train de discuter ou de plaisanter. Tous avaient l'air plus détendus que jamais. Il remarqua cependant que leur officier affichait un air contrarié. Il marcha jusque à lui.

- Qu'est ce qui se passe ?

- Je viens d'avoir Luke. Changement de plan : On n'attend pas l'avion de la Fondation et on rentre au site. Là bas, on leurs remet les lézards, on laisse l'équipement, on reçoit des habits de civils, et on attend que la Fonda nous donne des faux papiers pour rentrer en France.

- Merde ! Mais pourquoi ?

- Il le savait pas exactement non plus. Ça vient d'en haut.

- On a passé deux putains de mois à chercher ces saloperies parce que leur site de merde est pas foutu de les garder ! Ils sont pas cons au point de les remettre dedans !

- Je sais, mais c'est pas comme si on avait le choix. D'après ce que j'ai compris, la Fondation est sous la pression en ce moment, et ils ont d'autres chats à fouetter qu'une bande de dino-machins en Afrique du Sud. Bref, d'après Luke, on sera à la maison dans plus d'une semaine. Préviens ta femme, je vais l'annoncer aux autres.

La bonne humeur de Sam s'était envolée comme un mouchoir dans une tempête. Pendant que les autres encaissaient l'information, il ressortit son portable de sa poche et composa le numéro de sa femme.

- Hey…

- Salut. Je t'ai manqué ?

- Ouais. Écoute, y a eu des complications, ça va prendre plus de temps que prévu. Je reviendrai d'ici une semaine.

- Hein ? Meeeerde… Qu'est ce qui c'est passé, les bestioles se sont échappées ?

- Nan. Visiblement, la Fonda a des problèmes et elle pourra pas nous envoyer d'avion privé, donc on va rentrer sous des faux noms, en civil.

- Fais chier…

- T'inquiète, je serais de retour pour Noël. Tu veux que je te rapporte une peluche girafe ? J'en ai vu une à la boutique la plus proche.

- Non mirchi, cha ira. Désolé, il faut que je te laisse, la petite vient de se réveiller.

- Ciao !


Sam se sentait mal à l'aise, dans cet aéroport. Après deux mois dans le désert, ce brusque retour à la civilisation lui faisait un choc. L'air y était climatisé, mais il avait la sensation d'étouffer. Un coup d'oeil au reste de l'équipe lui montra qu'il n'était pas seul dans son cas : plus de la moitié suaient à grosses gouttes. Luke les salua, avant de repartir vers sa voiture, les laissant seuls. Il observa leur officier déblatérer l'histoire qu'ils avaient mis en place à un agent de sécurité suspicieux.

-…Il n'était pas de la famille, mais c'était tout comme. Et ma soeur ayant décidé de l'enterrer ici, on a fait le voyage depuis Dunkerque, alors…
Sam sourit. Apparemment, leur officier était rodé à ce genre de situation. C'était plutôt rassurant. Il se laissa aller à penser au Noël d'Aleph, à la neige sur les vitres des bureaux, aux blouses blanches plaisantant avec les agents de sécurité, au papiers cadeaux avec le logo de la Fondation, aux cris des enfants d'Aleph qui couraient dans la crèche…
Une bourrade le ramena à l'instant présent.

- Grouille-toi ! Papa Noël n'attend pas !

Sam balança son sac sur son épaule et emboîta le pas à ses coéquipiers.


Il pleuvait sur Aleph. Sam détestait les Noëls pluvieux. Il y avait quelque chose de merveilleusement enfantin dans l'acte de fêter Noël, et la pluie le ramenait à ses soucis d'adulte.
La camionnette qui les ramenait pénétra dans le hangar, d'où ils sortirent pour se diriger vers les vestiaires. Il se changea en vitesse, et se dirigea vers le bâtiment où travaillait sa femme. Les couloirs d'Aleph était sa maison, même s'il passait beaucoup de temps à l'étranger. Il y avait quelque chose d'agréable dans le fait d'avoir un point fixe, où l'on revient entre chaque mission pour récupérer. Il toqua à la porte du bureau de sa femme.

- Oui ?

- BOUH !

- Je suis terrifiée…

- Rooooh, J'ai passé deux mois à des centaines de kilomètres d'ici et c'est tout l'accueil que je…

Sam n'eut pas le temps de finir sa phrase. Manon se jeta à son cou, et il tombèrent tout deux à la renverse.

- Alors, comment s'est passé ton retour ?

- Boah…Un aéroport étouffant, des agents paranos, un voyage de 10 heures en avion, un trajet en camionnette
plein de cahots, et un foutu rhume pour relever le tout. Ce genre de chose.

Ils discutèrent pendant quelques dizaines de minutes, de tout et de rien, des caprices d'Emma, de la savane africaine, des nouvelles règles de sécurité d'Aleph, et des blagues qu'ils se faisaient entre soldats.


Sam jeta un coup d’œil en arrière. Le garde les suivait de près. Il ignorait la raison de leur convocation chez le directeur du personnel, mais la présence de ce gorille ne le rassurait pas. Ils arrivèrent devant la porte du bureau et toquèrent.

- Entrez.

Le directeur, âgé d'une soixantaine d'années, les invita à s'asseoir. Il leur expliqua la situation.

- Depuis quelques temps, nous avons remarqué un fait. Les anomalies ont cessé d’apparaître. Cela fait des semaines que nous n'avons pas eu de nouvelles manifestations d'éléments paranormaux.
Il jeta un œil vers Manon.

- Vous avez sans doute dû vous en apercevoir.

Elle acquiesça. Il reprit.

- J'irais droit au but : Le bureau de désinformation, les forces d'intervention mobile, le recensement des nouvelles anomalies, tout ceci est devenu inutile. C'est pourquoi nous devons procéder à des licenciements.

Sam sentit son pouls s'emballer. Son esprit rejetait l'information, mais elle revenait à la charge. Il baissa la tête et ferma les yeux, espérant se réveiller dans son lit, ou dans un sac de couchage dans la savane. Il serra les poings et se mordit la langue, mais ses sens refusaient de laisser la place à un réveil en sursaut. Il tenta de maîtriser ses émotions et parvint à reprendre le contrôle.

- Mais vous pouvez pas nous changer de poste ? Je suis assez entraîné pour être agent de sécurité, et Manon est douée en informatique ! Vous nous paierez pareil, ça vous coûte rien !

- J'y viens. La Fondation subit également des problèmes extérieurs, liés au financement. Nous ne pouvons pas nous permettre de procéder à des mutations. Je suis désolé. L'agent Ned va vous conduire vers la salle où vous serez amnésiés. Une nouvelle identité vous sera procurée. Votre amnésie sera mise sur le compte d'une maladie neurologique ou d'un traumatisme.

Sam tourna la tête vers Manon. Il vit la tempête qu'elle tentait de maîtriser intérieurement. Pendant ce temps, le directeur leur présentait leur nouvelle identité.

- Samuel Defelle, Lyonnais, ancien soldat ayant combattu en Irak. Amnésique suite à un traumatisme lié à la guerre. Manon Scylla, Parisienne…

- Attendez ! On est marié ! Il faut inclure ça dans notre nouvelle vie !

- Je suis navré, mais le fait que deux époux soient frappés d'amnésie au même moment, mais pour des raisons différentes attirerait l'attention.

Le pouls de Sam battait de plus en plus fort. Il se mordit la joue pour se concentrer et garder son calme. Il réussit à inspirer de l'air quand une pensée vint interrompre ses tentatives de raisonnement.

- Et ma fille ?

Le directeur se mordit la lèvre inférieure. Il resta en silence pendant des heures, aux yeux de Sam, puis prononça les mots fatidiques.

- Elle sera également amnésiée et placée dans un orphelinat à Toulouse.

Sam sentit l'information se propager comme une onde de choc à travers son corps. Il resta figé pendant quelques instants, les muscles tendus comme des cordes de violon, avant de s'effondrer. Il sentit la moquette sous sa joue se mouiller presque instantanément. Il hurla ! Il entendit les pleurs de Manon se joindre à son cri. Une main se posa sur son épaule.

- Tout va bien. Calmez vous, tout va bien.

Il balança son bras et sentit ses phalanges heurter le visage du directeur. Il hurla de nouveau !


Sam se sentait vide. Tout son corps semblait s'être vidé de ses émotions. Le directeur le fixait sans rien dire.

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