Planque de l'agent Karaghan

Sandbox de l'agent Karaghan. Intrusion détectée. Mise en place du mémétique tueur. Chargement de l'agent mémétique tueur en cours (01% chargé).
Erreur. Désactivation des codes de sécurité. Bienvenue, Agent Karaghan.

Travaux en cours :

Karaghan

Jour 0. Chutte d'Aleph.

La fin du monde. Je n'aurais jamais crut qu'elle se passerait comme ça. Perso, je voyais plus un scénario du genre "guerre nucléaire", mais ça s'est passé autrement.

Quand ça s'est passé, j'étais à la cafétéria avec l'agent Adam Marks, mon superviseur. On venait de finir notre boulot alors on prenait une pause pour aller bouffer.

-T'aurais pas pu déposer ton matos à l'armurerie avant de venir bouffer? m'a-t-il dit.
-Et si il y a une brèche? Tu fais quoi?
-J'veux dire, t'es obligé d'embarquer tout le bordel à chaque fois?
-Tout? J'ai pas mon sniper.
-En même temps, se balader avec un sniper… Et d'abord, pourquoi t'as un sniper?
-T'es mon superviseur, tu devrais le savoir, non?
-Ouais…

Il y a eu un blanc, puis il a demandé:

-Sinon, tu fais quoi après la pause?
-Exécution de Classe D. Et toi?
-J'ai rendez-vous avec Garett.
-Pourquoi il veut te voir?
-Sorry, j'ai pas le droit de t'en parler. C'est confidentiel.
-Ouais, je vois le genre.
C'était pas la peine de vouloir en savoir plus. Lui, quand c'est confidentiel, c'est confidentiel. On peut pas lui faire cracher un mot, par n'importe quel moyen.

Il y a eu encore un blanc pendant quelques instants, puis a laché:

-Et sinon, ton piaf?
-Déjà, c'est pas un "piaf", c'est un faucon pèlerin. Je l'ai laissé à Igor le temps de venir ici.
-Igor?
-Oui, Igor. L'assistant chercheur Krackonov, un des gars que je supervise. Il est dans son bureau à écrire un rapport sur je-ne-sais-plus quelle expérience.
-Ah d'accord. Et sinon…

D'un coup, l'alarme s'est déclenché. Et pas la petite alarme incendie à la con, non. C'était l'alarme d'une brèche de confinement totale de classe XK. La fin du monde, en somme. C'était pas rien.

En entendant ça, Marks est devenu tout pâle. Je l'ai regardé et lui ai lancé un:

-T'inquiète, c'est sûrement qu'un exercice.

Il m'a attrapé par le col et m'a embarqué en disant:

-C'est pas un exercice, putain! C'est la merde! On se casse!

Et c'est en voyant la gueule qu'il tirait que j'ai compris qu'il ne blaguait pas, il avait l'air paniqué, et Marks n'est pas du genre à flipper pour rien. J'osais à peine croire que c'était réel. En plusieurs décennies d'existence, la Fondation n'a jamais fait face à une brèche aussi importante. En même temps, si une brèche comme celle-ci s'était déclenchée par le passé, la Fonda aurait disparu depuis longtemps.

On est sortit de la cafet' et on s'est mit à courir en direction du bunker de sécurité. Quand je dis que je fais bien de garder mes armes, il faut me croire! Lui, il n'avait gardé qu'un pistolet et un couteau. Et il l'a regretté.

Parce que pendant qu'on courait, un skip a chopé Marks par l'arrière et l'a plaqué au sol. Il a pas eu le temps de tirer, la chose lui a arraché la tête avant. J'ai voulu l'aider mais quand je me suis retourné, c'était déjà trop tard: Marks était mort et le skip avait foutu le camp. Mais en plus, il pouvait revenir, donc il valait mieux pas trainer.

J'ai continué à courir en direction du bunker. Chaque seconde était interminable, les couloirs aussi. J'avais l'impression qu'un truc allait me tomber sur la gueule à tout moment.

Mais au détour d'un couloir, je l'ai aperçut. Le bunker. Ce fut un énorme soulagement. J'ai couru aussi vite que j'ai pu et j'ai passé la porte. J'étais sauvé.

Mais à peine arrivé, j'ai pris ma mitrailleuse (qui était accrochée à mon dos) et je me suis foutu à côté de la porte, prêt à tirer sur le moindre Skip qui essayerait de rentrer dans le bunker.

On a fini par fermer la porte, quelques minutes plus tard, scellant le destin de ceux qui n'ont pas pu entrer. Et il y en avait. On les a entendus gueuler derrière la porte, sûrement à cause de ces saloperies qui les charcutaient comme pas possible.

Et même si on était en sécurité, on flippait quand même. Je pense même qu'il y en a un qui a gueulé. En temps normal je lui en aurait foutu une et lui aurait dit de la fermer, mais là, je me suis dit: "C'est ça, gueule. T'en aura peut-être plus l'occasion, après.". Mais après tout, vu la situation, si on avait pas peur, ça veut dire qu'on serait con.

Quelques minutes ont passé et on s'est rendu compte d'un truc. On avait peut-être échappé à l'Enfer dehors, mais il restait une chose. L'ogive nucléaire. Le truc planqué en dessous du Site et destiné à le faire péter en cas d'alerte majeure de ce type. Et même si on est dans un bunker, ça m'étonnerait que quelques centimètres de béton armé résiste à ce genre d'explosion. On a tous fini par comprendre, et on s'est tût, attendant l'explosion fatale.

Mais il n'y a rien eut, alors tout est redevenu normal.

On est resté 3 semaines dans le bunker avant de le déverrouiller. Et là, il y a un message de O5-1 qui s'est diffusé. Il disait (en gros) que s'était l'Apocalypse, mais qu'il existait un Skip permettant "d'inverser la tendance", comme il dit. Ce skip est apparemment séparé en plusieurs parties, et ces parties ont été envoyées un peu partout dans le monde, dont la plus grosse partie est à Moscou, où les derniers survivants ont foutu leur QG.

J'veux bien aller chercher son machin, moi. Mais il faut encore sortir du Site en vie. Il faut atteindre le hangar, c'est notre seule chance de quitter Aleph.

Textes refusés :

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